C’est en janvier 2009, au Palais des Sports de Paris, que Sofia Essaïdi incarnera Cléopâtre. Révélée par la Star’ Ac 3, la jeune casablancaise est aujourd’hui à 23 ans, une artiste enfin épanouie. Choisie pour incarner « Cléopâtre, la dernière reine d’Egypte », le nouveau spectacle musical mis en scène et chorégraphié par Kamel Ouali, elle peut enfin donner la totale mesure de ses talents de chanteuse, danseuse et comédienne. Ses fans pourront également la découvrir à la rentrée sur France 2 dans un téléfilm réalisé par Yamina Benguigui, elle y campe le rôle principal, celui d’Aïcha, une jeune maghrébine qui tente tant bien que mal de concilier soif d’indépendance et poids des traditions.
Très occupée entre la promo de son single, et les répétitions de « Cléopâtre », pas facile de l’attraper. Entretien avec une « Femme d’aujourd’hui » :
L’histoire de Cléopâtre, c’est la rencontre de l’occident et de l’orient, avec votre papa marocain et votre maman française, c’est un peu votre cas aussi ?
C’est évident que Cléopâtre est le rôle de ma vie, c’est une aubaine que je n’aurais jamais imaginé dans mes rêves les plus fous. Avoir mes deux horizons qui se rejoignent, c’est magique !
En quoi Cléopâtre est-elle une femme d’aujourd’hui ?
Elle décide dès le départ qu’elle a le droit de réussir sa vie amoureuse et sa vie de reine. Elle ne fait pas de concessions, elle veut croquer la vie, s’épanouir dans sa vie de femme et en même temps, diriger le monde. Et le plus merveilleux, c’est qu’elle y arrive. C’est une femme de trois mille ans, très en avance sur son temps.
Difficile d’incarner ce mythe après des monstres sacrés comme Elisabeth Taylor ou Sophia Loren, non ?
C’est un défi personnel que je suis fière d’avoir relevé. Je me suis mise en parenthèse pendant presque un an et demi. C’est un rôle exigeant et très complet qui mélange plusieurs univers : le théâtre, le chant, la danse.
Vous étiez une des élèves préférées de Kamel Ouali lors de la Star’Ac 3, on imagine donc que cela a été très facile pour vous d’obtenir le rôle vedette ?
C’est faux, j’ai vraiment bataillé, en passant sept à huit castings pour prouver que j’étais à la hauteur du rôle. Kamel a pu soutenir ma candidature mais certainement pas l’imposer. Quand on parle de projets à plusieurs millions d’euros, ce ne sont pas les affinités qui comptent mais le professionnalisme des artistes retenus. Je devais faire mes preuves face aux producteurs, ce sont eux les décideurs car ce sont eux qui prennent les risques financiers. Les auditions ont été difficiles et particulièrement longues.
Sur le net, ils circulent beaucoup de rumeurs sur un éventuel report du spectacle, et les ventes décevantes du single, info ou intox ?
Cela nous a beaucoup fait rire Kamel et moi que l’on parle de ventes décevantes pour un album qui n’est pas encore sorti ! Le single marche très bien mais il ya toujours des gens malveillants pour lancer des rumeurs. La première du spectacle aura lieu comme prévu le 29 janvier 2009. Les billets se vendent bien alors même que le spectacle n’est pas encore joué. Je suis plutôt confiante.
Vous la bourgeoise marocaine dans le rôle d’Aïcha, jeune maghrébine vivant de l’autre côté du périphérique, c’est un peu inattendu quand même ?
Non parce que quand on choisit de faire de la comédie, il faut être capable de se glisser dans la peau de n’importe quel personnage. Puis cette héroïne, elle force le respect par sa volonté et sa combativité. L’idée était de dénoncer les clichés autour des jeunes de banlieues. Cette fille fait le choix de prendre son indépendance sans rompre avec sa famille, et c’est le souhait de beaucoup de jeunes femmes issues de l’immigration.
Justement en parlant de jeunes femmes issues de l’immigration, que pensez-vous des « Ni putes ni soumises » ?
Je suis solidaire de ce combat pour les femmes, même si c’est vrai que je n’ai pas connu les atmosphères pesantes qu’elles décrivent et, les regards hostiles, j’étais dans un vrai cocon au Maroc. Mais leur message me touche beaucoup, si elles me contactent pour les soutenir, je dirais oui sans hésitation.
On ne vous voit pas dans les magazines people contrairement à d’autres starlettes, stratégie ou vraie envie de discrétion ?
Les soirées people, ce n’est vraiment pas mon truc, c’est vrai que je reçois beaucoup d’invitations mais c’est une direction à prendre ou pas. Kamel me dit souvent que je devrais plus sortir. J’étais en retrait parce que je n’avais rien à défendre, et je ne veux pas être comme ses peoples qu’on voit un peu partout mais dont on ne sait pas vraiment ce qu’ils font. Clairement, je veux être identifiée comme une artiste. Et puis quand je sors, c’est avec mes amis.
Une dernière question, pour nos lecteurs mâles, est-ce que votre cœur est pris ?
Oui et je n’en dirais pas plus !!!













